27 février 2009 › par La courte échelle
Rencontres en milieu scolaire
Par Ginette Anfousse, écrivaine et illustratrice
Mes premières rencontres dans les écoles et les bibliothèques remontent aux années 1980. Il y avait moins d’auteurs « jeunesse » à cette époque. Les sollicitations étaient nombreuses et venaient de partout au Canada. Pour continuer mon travail d’écriture, il m’a fallu réserver du temps pour la création et du temps pour les rencontres avec mes jeunes lecteurs. Deux activités passionnantes, mais aux antipodes l’une de l’autre.J’ai vite consacré à ces rencontres une bonne partie de mes activités. Au fil des années, elles étaient devenues stimulantes, vitales, précieuses et extrêmement complémentaires et instructives pour mon travail.Grâce aux jeunes, par leurs questions, leurs préoccupations, leurs réactions, leurs émotions, leurs yeux ronds comme des billes et leurs éclats de rire, je vérifiais la pertinence de mes histoires. Je cherchais et, souvent, je trouvais l’idée pour la prochaine. Je revenais à mon atelier motivée, stimulée et inspirée. J’aime imaginer que pour les jeunes ces rencontres étaient aussi fructueuses. Qu’elles ont réussi à expliquer un peu ce drôle de métier qu’est l’écriture. Que j’ai pu répondre à des questions comme : d’ou viennent tes idées ? Combien de temps cela prend-il pour écrire un livre, pour l’illustrer ? Qui corrige les fautes d’orthographe ? C’est quoi, un éditeur, un imprimeur ? Comme je suis aussi illustratrice, j’avais la possibilité de leur montrer l’original d’un dessin de Jiji et Pichou réalisé à l’aquarelle avec des dizaines de couleurs. C’était toujours particulièrement étonnant pour les jeunes de voir la même image imprimée à l’encre sur des acétates et de comprendre que l’imprimeur n’avait eu besoin que des trois couleurs primaires, plus le noir, pour arriver au même résultat. Enfin, j’ai eu la chance de faire des milliers de rencontres dans toutes les régions du Québec. Dans différentes provinces du Canada. Dans plusieurs dizaines d’écoles françaises de la Belgique. Que se soit avec les tout-petits de la maternelle, les élèves du primaire ou du secondaire, les classes d’immersion ou les classes qu’on dit « spéciales », toutes les fois que les enseignants ont préparé ces rencontres avec leurs élèves, l’échange a été fructueux, parfois magique.Il est important que le lieu de rencontre ne soit pas trop grand, et les élèves d’un groupe, pas trop nombreux. Une sorte d’intimité est nécessaire pour des échanges de qualité. Il arrive parfois que les jeunes profitent de certains passages de nos histoires fictives pour parler de leurs expériences, de leurs craintes, de leurs désirs, comme si les écrivains et leur monde imaginaire leur permettaient une plus grande liberté d’expression. Aujourd’hui, pour différentes raisons, je fais beaucoup moins de rencontres dans les écoles, mais il est important pour moi de témoigner de l’immense intérêt de ces échanges, autant pour ceux qui écrivent des livres que pour tous ceux qui les lisent.
Catégorie(s) : Témoignage d'auteur
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