13 mai 2009 › par La courte échelle
Lecture à relais pour les ados
Par Sylvie Massicotte, écrivaine et animatrice d'ateliers d'écriture
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Il y a quelques années, en visitant une école secondaire où l’on m’avait invitée à venir parler de mon travail d’écrivaine, j’ai vécu une expérience qui m’habite encore et que j’aimerais aujourd’hui partager avec les enseignants. En écoutant les élèves me questionner sur un de mes textes, j’ai compris qu’ils l’avaient fouillé et particulièrement bien compris. L’un d’eux a tout à coup mentionné qu’ils l’avaient lu lors d’une activité qu’ils appelaient la « lecture à relais ». Cela m’a intriguée et j’ai demandé à voir ce que c’était. Leurs yeux brillaient; visiblement, ils étaient heureux de se plonger dans cette activité qu’ils adoraient. Très vite, ils ont été prêts à me faire la démonstration de ce qu’ils effectuaient régulièrement, avec cœur. Ils avaient tous ouvert mon livre pour s’y plonger silencieusement. Sans crier gare, l’un d’eux a commencé à lire à voix haute. Il s’est arrêté au moment qu’il a choisi et, après un silence très bref, un autre a décidé de le relayer et c’est ainsi que j’ai pu entendre mon texte, lu de façon appliquée, avec des voix multiples et extrêmement touchantes. Au fond de la classe, leur enseignante souriait discrètement.
Lucile Quirion s’est retirée de l’enseignement depuis peu. Elle a accepté de nous raconter : « L’idée a surgi alors que je demandais à une élève de lire une nouvelle littéraire à haute voix. Je l’ai entendue me répondre que la lecture serait mieux rendue si je la faisais moi-même. Je n’ai pas trop insisté, mais les dés étaient jetés puisque, à la suite de ce simple commentaire, un échange fructueux s’est engagé dans la classe et m’a ouvert une piste. Je choisirais leur propre création littéraire que je lirais à haute voix. Les élèves affichaient un sourire d’étonnement, de fierté et de satisfaction lorsqu’ils reconnaissaient leur propre texte. C’était bon signe. À partir de là, j’ai initié une espèce de « lecture à relais » que j’ai présentée comme un jeu qui, en réalité, n’en était pas un. Ils ont pris goût à l’exercice. Les éléments prosodiques revêtaient donc une importance capitale dans la compréhension et l’appréciation d’une lecture. La « lecture à relais », continue et volontaire, devenait une activité d’apprentissage hautement appréciée dans la classe de français et l’implication de chacun augmentait au fil des lectures. Les discussions qui en résultaient s’avéraient stimulantes, riches et étonnamment profitables dans la préparation des examens de compréhension de textes, en particulier, et de l’apprentissage de la langue, en général. » Voilà une expérience inspirante qui vous donnera peut-être quelques bonnes idées !
Catégorie(s) : Animation en classe Nouvelle
Commentaires de nos lecteurs
14 juin, 2009 - 20:21 — Sandra Nadeau
La lecture à relais se fait aussi au primaire! Nous commençons par nous réchauffer en faisant de la “lecture perdue” c’est-à-dire que je commence à lire un texte n’importe où dans la page. Les élèves font “le serpent” (survol) et quand ils m’ont trouvée, ils continuent à lire avec moi à voix haute. Nous reprenons le texte du début et je passe le relais en touchant à l’enfant. Je prends le relais entre chacun(e). Les enfants adorent et en redemandent…
19 mai, 2009 - 09:59 — La courte échelle
Sylvie Massicotte écrit :
Madame Carrière,
Votre activité de lecture coopérative semble intéressante. Tant mieux si la lecture à relais vous inspire également, vous aurez beaucoup de plaisir à l’automne!
Donnez-nous en des nouvelles! D’ici là, passez un bel été!
14 mai, 2009 - 08:47 — isabelle carrière
Quelle bonne idée! Pour ma part, je fais une activité de lecture coopérative afin de travailler la mémoire et la technique de résumé de mes élèves. Ces derniers adorent cela, mais il manque un petit quelque chose. Cet été, je trouverai une façon d’inclure la lecture à relais à mon activité et dès l’automne, j’appliquerai cette technique en classe. Merci!
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