Autour du polar

Par André Maroisécrivainmaroisa.jpg

Depuis trois ans, j’anime des ateliers pour les élèves de la 5e année du primaire jusqu’en 5e secondaire. Je pars de mes livres pour parler du roman policier en général : ses mécanismes, ses protagonistes récurrents, ses ressorts. J’incite les élèves à scruter leur quotidien, à s’en servir comme point de départ, à y voler des idées. Nous évoquons les peurs qui nous animent, les sources d’inspiration qui nous entourent. Un élève me raconte une anecdote surprenante au sujet d’un automobiliste et d’un canapé. Un autre avoue en public ses frayeurs : le sous-sol à traverser, les ombres des arbres, la voisine bizarre. Chaque atelier est différent du précédent. Je m’adapte, j’improvise. Je leur explique que j’utilise mes histoires pour inventer la réponse à des questions que je me pose ou pour faire vivre des aventures à des personnes que je connais. Souvent, je leur raconte une ou plusieurs de mes nouvelles. Ils écoutent avec attention. L’écrivain devient une personne accessible, mais l’écriture demeure un travail à part.

Souvenirs d’un séjour de deux jours dans une école secondaire à Saint-Évariste, en Beauce, pour animer des ateliers littéraires sur la nouvelle noire ou policière.

Après une rapide présentation de mon travail, j’ai mis l’accent sur la rédaction proprement dite : l’élément déclencheur, les péripéties, la chute, l’importance des personnages, les différents points de vue. Qui raconte l’histoire : le narrateur omniscient, l’enquêteur, la victime ou le coupable ? La classe de 1re secondaire a travaillé sur un sujet d'actualité : les élections provinciales qui avaient eu lieu la veille. Autant dire que Jean Charest, Pauline Marois et Mario Dumont se sont passablement entretués... La classe de 2e secondaire a planché sur un autre sujet du jour : la tempête de neige. Cette fois-ci, les souffleuses et autres chasse-neige ont largement contribué à diminuer la population beauceronne. Mais au-delà de la jubilation macabre, il y eut un vrai plaisir de travailler des textes, des intrigues, des finales surprenantes.Classes motivées, élèves préparés, livres lus : l’implication de l’enseignante de français qui m'avait invité a fait toute la différence. Mon recueil de nouvelles Du cyan plein les mains, même s'il ne semble pas s'adresser à un public de cet âge, a une nouvelle fois servi de livre de travail.

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